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lanserlia


Nouvelle
Extraordinaire
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22/01/2005

Oeuvre Originale
Auteur : lanserlia
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Mercredi...

Mercredi....

Il avait neigé la veille. Le temps était gris, brumeux : les montagnes disparaissaient dans la grisaille hivernale.
Parfois pourtant il y avait quelques petites éclaircies.
Il n'en fallait pas plus pour partir : direction le col du Glandon.
La route n'est plus déneigée, au-delà du village de St Colomban des Villards. Nous avons chaussé là les skis de randonnée et nous sommes partis sur la route, en direction du col.

Nous étions les premiers ; personne, pas un bruit, même pas un chant d'oiseau : il floconnait légèrement, les oiseaux étaient à l'abri dans les arbres.
De temps à autre, un semblant de soleil nous parvenait, entre 2 nuées blanches.
Il fallait faire la trace dans cette épaisseur scintillante : 30 cm de neige légère, crissante sous les skis.
Devant nous, la vallée des Villards, déserte, silencieuse, entourée de ses montagnes familières.
Au début, nous avançons entre les arbres et arbustes qui bordent la route : couverts de neige, ils courbaient leurs branches vers nous et nous faisaient une haie en dentelle blanche ; étions nous au pays des Trolls ?
le féérie du moment, l'imagination qui se met à galoper et voila que l'on se surprend à guetter les petits lutins derrière les branches des noisetiers et des sapins....

Nous marchons ainsi pendant quelques heures, savourant le silence, le craquement de la neige sous les skis, le glissement des peaux de phoques sur ce blanc manteau.
Les flocons de neige virevoltaient autour de nous, comme pour nous accompagner dans notre progression.

Nous nous arrêtons souvent pour savourer le paysage : les nuages qui filochent entre les rochers, le blanc manteau étalé devant nous, un rayon de soleil pâle...

Après les arbres, les alpages s'étendent, immaculés devant nous ; la neige est plus profonde, la progression plus fatigante.

Après quelques heures, il faut penser à la descente - demi-tour : maintenant, nous avons le col de la Madeleine devant nous ; nous ne verrons pas le Mont Blanc qui le domine car le ciel est bien bas.

La neige est trop épaisse et la pente pas assez accentuée pour descendre à travers champs : nous reprenons nos traces de montée et nous laissons glisser doucement - les flocons, plus serrés nous picotent les yeux, un délice !

Nous verrons quelques chamois, sous un rocher dominant la vallée et quelques oiseaux dans un bosquet enneigé - toute la journée nous avons été seuls au monde : toute cette grandeur blanche rien que pour nous, tout ce calme et ce silence pour nos esprits agités, la majesté des montagnes caressées par les nuages pour nos yeux fatigués.

La montagne nous a encore donné de beaux moments de vie

Mercredi soir, nous étions heureux.