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N°Annonce

Mot de passe

Garder en mémoire

djenie à l'idée 


Présentation : Liste | Texte
une journée de brume s'est invitée alors que les premiers brouillards
habituels de début novembre ont été inexistants.
Pas un rayon de lumière, pas une trouée de bleu, pas un souffle de vent.
A décourager les éoliennes invisibles qui inlassablement clignotent pour indiquer
leur emplacement.
il me faut coucher les poules...je glisse mes pieds dans les sabots plastiques glacés
mais très pratiques pour marcher dans une semi obscurité sur un pré .
Le dit pré est parsemé ça et là de déjections de volatiles et de crottes de mes deux moutons.
Les jolis escarpins ne sont pas conseillés, d'autant que d'authentiques nids de poules
viennent compliquer le parcours.
A l'ouverture de la barrière, les deux "Ouessant" pointe leur nez sombre dans ma direction.
le silence au sein de cette brume qui noie complètement le vallon est étonnant.
Un jour de neige n'aurait pas fait mieux.
Ces demoiselles emplumées ne sont pas encore rentrées. Elles sont tout autant silencieuses
dans le décor assombri . la plus câline fait l'effort de venir dans ma direction...
je balance quelques poignées de blé dans leur enclos. ça s'ébroue à peine, picorant comme
des précieuses.
C'est la blanche qui décide la première de grimper vers leur abri perché: hop une poussée
des pattes, un battement d'aile; la voilà rentrée...
La dominante suit en émettant un genre de grognement de commandement
qu'elle est la seule à connaitre.
La dernière, la plus jeunette, remplaçante d'une soeur emportée par un renard, mégote.
j'ai ramassé son premier oeuf aujourd'hui....alors elle fait la fière.
je l'incite à voix basse "allez ma belle grimpe !" Comme son vol est plus aérien que ses frangines,
elle part direct du sol pour atteindre la petite plate forme de réception....
je referme la petite barrière qui les protège des moutons fantasques....ces deux femelles jouent parfois
aux grands cerfs. Quand elles entrechoquent leurs têtes à grand bruit, les poules se sauvent en battant des ailes.
Je fais demi tour lentement...un froissement léger m'immobilise: un jeune chevreuil fuit discrètement, sa course
assourdie par l'herbage et la mollesse de la terre...
Il était à quelques mètres de moi, tapi dans la haie brise vent....sans son cul blanc je ne l'aurais même pas aperçu.
Il se fond dans le nuage laiteux ....
Je laisse courir mon regard dans cette petite combe où le vert a disparu.... tout est blanc, frais, un puissant sentiment
d'intimité solitaire me traverse. Je ne vois personne et personne ne me voit... protégé par un cocon qui s'assombrit
tout autour ....je souffle lentement une buée qui se fond dans ce tout autour...
Allez, il me faut rentrer.....
Samedi matin, douze degrés . Il pleut...temps idéal pour décoller une vieille tapisserie. je m'active le coeur léger.
J'ai de la chance: contrairement à d'autres décollements, la seconde couche, bien
mouillée se détache très facilement. Une colle moins tenace que celles d'aujourd'hui, sans doute.
Je m'interrompt pour faire preuve de solidarité avec les petits commerçants du village voisin.
Il n'y a plus aucun commerce dans le mien, hormis le café/journaux qui s'accroche encore....
Le boulanger chante entre ses va-et-vient . Le bougre ne fait pas semblant: il a loupé une belle carrière
lyrique .La serveuse partage d'un air entendu mon sourire.
oui c'est sympa d'être heureux de ce qu'on produit, le client et l'artisan partagent quelque chose d'indéfinissable.
On devine facilement les conditions de travail dans un commerce ou d'une entreprise à l'attitude des employés.
récemment dans un magasin de brico, une employée fort contente de son jean moulant, se trémoussait,
prenait la pose devant ses collègues en riant...les clients à quelques mètres souriaient.....
Ah c'est autre chose qu'une femme bâchée et sinistre....
Nous en convenions tous: il doit faire bon bosser dans le magasin....et ça donne envie d'y revenir, me disait un ancien,
traumatisé par la "gestion pression psycho" de sa boite précédente .
Bref, je pénètre ensuite dans la boucherie située à 30 m ....un gus un peu particulier demande une côte de boeuf.
Surpris par la quantité de barbaque, il demande au boucher de la couper en deux en épaisseur.
Tout le monde sourit....le patron ne se départit pas de sa bonne humeur ni de sa faconde...
C'est mon tour: la patronne chantonne doucement, comme la femme douce qu'elle semble être...
Elle me sert avec le sourire ...Pourtant il pleut, le ciel est gris , et tout le monde semble content de vivre.
Voilà le genre de journée qu'on aimerait partager plus souvent....
Pour un peu que le ciel s'éclaircisse cet aprem , comme l'annonce la météo, ce serait presque trop.....


Avec dédé mon vieux pote, nous stagnions dans la lente redescente des congés d'été...
Attablés devant une bière pour lui et un chocolat chaud "maison" digne de ce nom pour moi,
nous rêvions de légèretés perdues, de farces enfuies, de rires homériques à pisser sur soi.
Nous vîmes approcher à grandes enjambées sportives "la" carole, "notre" carole. .
Trop garçonne pour la fréquenter en couple et trop femme pour la fréquenter en solo.
Le mariage répond à des rites, parfois rassurants parfois étouffants. Elle fuyait l'officiel , et nous
nous évadions en rêvant d'interdit officieux.
Elle était rafraichissante, yeux vifs et coquins, une décade de moins que nous au calendrier.
Elle s'assit face à nous après la bise coutumière.
"vous avez vu les gars, une soirée célibataire le week end prochain à st Congard le dégoûtat ? "
Nous haussâmes les épaules: "tu comptes y trouver chaussure à ton pied , c'est nul en général"
Elle sourit: "c'est l'avantage d'être célib, pour vous les vieux mariés, c'est mort"
Dédé fronça les sourcils: "vieux mariés, vieux mariés....si tu continues comme ça tu finiras
vieille célib, ce qui est pire à partir d'un certain âge"..
Elle passa sa commande au loufiat qui mine de rien loucha sur son décolleté pourtant sage.
"bof, j'y vais pour m'amuser, j'adore me faire des films au speed dating. je m'invente des situations
qui surprennent, qui font rire. Faut voir la tête des "prétendants"....je me marre"
Je lui glissai en loucedé: "et tu paies pour ça ?"
Elle opina du chef : "ça en vaut la peine, crois moi, et puis on grignote, on danse"...
J'ignore qui évoqua la chose le premier: sûrement Dédé, moi j'ai des frayeurs rien qu'à penser trahir
ma double moitié (nous affichons le même poids sur la balance).....
Je crains ses colères, et pire ses silences obstinés de boudeuse.
Dédé donc (on ne sait jamais qui pourrait lire) lança: "et si on t'accompagnait rien qu'une fois pour se marrer ?"
.....un ange passa....puis un autre.
au cinquième ange, une petite exaltation s'empara du groupe.
Restait le prétexte à trouver pour s'évader un samedi soir sans que nos dulcinées ne s'en étonnent ....
Par discrétion je tairai le stratagème bien affuté , qui bénéficiait de la complicité de carole.
Les candidats à des prétextes pour prendre une bonne respiration entre potes sans forcément mauvaises
pensées, n'ont qu'à faire comme nous: faire preuve d'imagination.
Une petite contribution financière serait toutefois étudiée pour réveiller la solidarité masculine.
---------à suivre

Nous ne pouvions décemment nous afficher célibs et réveiller la bête qui sommeille dans chaque être humain.
Promis, juré, ce serait juste pour rire, une bonne déconnade comme autrefois....
Carole pas convaincue de notre sincérité réussissait de ses lèvres un joli "cul de poule" geste international
pour signifier le doute...
Le meilleur moment fut sans nul doute les propositions, les idées farfelues pour pimenter les fameux speed dating .
Autour de cette table notre imaginaire galopait, chacun renchérissant sur les autres....
J'avoue qu'y repenser, les yeux ailleurs, le soir venu, me fit éclater de rire devant une compagne médusée...
"tu es où là ? tu es sûr que tu dines avec nous ?"
Mes gosses impitoyables...."tu planes papa ? il vient sûrement de péter une recharge de protoxyde d'azote"
Ma bergère me fixait, incertaine....je me creusai la tête à la vitesse de la lumière pour la rassurer.
Une vieille histoire pouvait faire l'affaire: "vous savez comment on dit slip en japonais ?"
je laissai les dénégations familiales s'étioler un peu, puis j'assénai ..."un sakakaka" en réussissant à rire vraiment.
on voulut bien sourire en haussant les épaules....."quel gamin tu fais"
Ouf ! que la vie de famille est stressante parfois....

Une excitation de bon aloi nous mena jusqu'à cette fameuse soirée célibataire....heureusement, pas de contrôle
d'état civil possible. Néanmoins une légère honte rosissait mes joues....
Mais je goûtai tout de même la situation en tant que faussaire, menteur, faux jeton....
Dédé humait l'assistance parfumée, me poussant du coude, me soufflant à l'oreille: "tu as vu celle là ? un vrai remède
contre l'amour...et celui là ? coincé de chez coincé le pauvre ! "
Soudain son regard devint fixe....je suivis la direction de ses prunelles et compris.....
"hé dédé , on a dit sérieux et tout . En plus elle a l'âge de ta fille, vieux cochon"
il grimaça..."on n'aurait pas dû venir, on va se faire du mal"
Carole évoluait avec son oeil ouvert à tout ou presque....."on va se marrer les gars, je vois déjà des victimes potentielles."
Le manipulateur de musiques des autres, lança le bal avec des phrases dignes d'une fête foraine , censées "ambiancer"
la compagnie encore un peu frileuse....
Après tout danser n'est pas tromper....je me dirigeai vers la piste accompagné de carole . Dédé devait réviser ses futurs laïus
nous trouvâmes des partenaires compatissants....je n'avais pas dansé seul depuis des années....quelle pitié !
enfin l'animateur musical lâcha à regret une danse en couple...je pris garde de ne pas inviter une créature susceptible de
me troubler. On ne sait jamais...deux chaleurs trop rapprochées peuvent compliquer une vie même bien remplie.
Carole avait pris l'option inverse: un grand mec, bien de sa personne...elle me fit un clin d'oeil ravi....

La musique cesse quelques instants , à peine le temps de reprendre de précieuses conversations.....
Il faut bien annoncer le premier speed dating.
C'est la classe de Carole, elle se lève et nous glisse, le visage hilare: "vous aurez du mal à faire mieux"
Pas certain, on a bien bossé avec dédé...et nous n'avons rien à perdre n'étant pas en recherche...
La piste s'anime à nouveau, heureusement, ça ne rigole pas fort autour des tables....
Un troupeau "joyeusement triste".....les coups de coeur doivent être rares, mais au moins on peut juger et jauger "sur pièces",
sans se lier inutilement sur le net .
Pas de triche sur la photo, tout le monde sait que tout le monde est là pour la même chose....
Enfin...espérons que nous sommes les seuls à être là pour nous marrer...il ne faudrait pas que les dés soient pipés à cause
d'un trop plein de vauriens comme nous...
Retour de la carole qui pouffe, la main devant la bouche....
elle nous fait signe de rapprocher nos chaises pour plus de discrétion....
Son regard nous défie, elle se lance...
"mes petits vieux, j'ai fait très fort" dit elle modestement. "Tenez vous bien ma profession c'est : thanatopractrice...
j'ai d'abord répondu que je bossais dans les pompes funèbres. Il a tiqué et grimacé en disant qu'il fallait bien que
des gens le fasse...je l'ai fixé dans les yeux et énoncé d'un ton grave :vous avez peur de la mort ?
Le gars se demandait ce qu'il faisait ici...." comment ne pas rire devant cette situation d'humour très très noir, ce grand écart dans
un temple de la quête d'amour ?
Elle nous laisse récupérer pour ménager ses effets.
"Je lui ai dit que j'avais une spécialité: ah bon, et c'est quoi ? Et là je l'ai cloué d'horreur , le pauvre.
J'ai commencé à décrire les manips et il m'a interrompu, blanc comme un suaire.
taquine je lui ai avoué qu'après mon service une folle envie de vivre me tenaillait à chaque fois.
La touche finale pour détendre l'atmosphère: vous pensez que mon travail peut être un handicap pour être courtisée
par des hommes sensibles ?
Il a hésité, je ne sais pas, c'est surprenant....bonne chance à vous en tout cas"
Dédé laisse alors tomber : "il va peut être te recontacter après réflexion...s'il veut profiter de ta folle envie de vivre...après service""
elle lève les yeux au ciel: "ça m'étonnerait, il n'a pas souhaité échanger nos coordonnées"
je balbutie entre deux quintes de rire: "le pauvre, il va raconter ça à ses potes...pourvu qu'il ne fasse pas d'insomnies"
Nous échangeons dédé et moi un regard de doute: allons nous oser et tenir la dragée haute à notre pseudo thanato ?

C'est mon tour, ou plutôt le tour de mon pote et moi....
Nous nous levons, je soupire, mal à l'aise, malgré la mine complice de carole et le regard volontaire de dédé....
Quitte à troubler une victime autant taper dans un profil solide....après un petit intermède avec une candidate,
joué outrageusement au super bègue de service, je l'ai repérée....
Laissant ma vaillante partenaire serrer les lèvres pour ne pas éclater de rire, en me conseillant un orthophoniste génial de ses amis,
je détaille ma cible.
le genre femme douce, réservée....je l'imagine bien avec un chignon qu'elle dénoue le soir....Un rien craintive.
un joli pull assorti à sa blondeur peu en accord avec son visage ....
il me la faut !
elle accepte enfin de "causer" avec ce soupirant qu'elle va trouver bien surprenant....
Le contraste entre ma tenue un rien smart , ma coupe de cheveux récente, la mesure de mes gestes, mon sourire
le plus doux....et ma profession ca va déchanter très fort !
On noie de concert le poisson ....puis, je la guide vers son chemin de croix : "vous faites quoi dans la vie" ?
bon, du boulot de bureau, du classique....Elle se lance à son tour: "et vous qu'elle est votre profession ?"
J'hésite un peu , car ma honte est réelle, mais le vin est tiré...nous devons boire le calice de notre pari.....
Je tousse pour m'éclaircir la voix: plus elle sera douce, plus la surprise sera réussie.
"je travaille dans la chaine alimentaire"
"ah et vous travaillez dans une grande surface ?"
"heu non pas exactement, mais mon rôle est essentiel pour assurer l'alimentation d'une métropole voisine"
"vous êtes bien mystérieux, vous êtes producteur de légumes?"
Je me tais....mimant un embarras indéfinissable
"si c'est le cas, il n'y a pas de honte à cela, il n'est pas de sot métier"
allez en avant pour la guillotine sentimentale...
Je la regarde avec attention pour bien capter sa réaction....
"Heu en fait je suis technicien sur une chaine d'abattage"
Une seconde pour être sure de bien comprendre...et son regard curieux s'éteint, en même temps qu'un ho étouffé
quitte ses lèvres.
"vous tuez des animaux, mais c'est horrible"
"vous savez quand on sort de prison, on est bien obligé d'accepter ce genre de travail, il est vital pour une société"
Là, j'y suis peut être allé un peu fort, elle doute.....
"vous me faites marcher, ce n'est pas possible"
je réprime une envie de rire terrible, et caché derrière un mouchoir en papier, je sens mes yeux qui piquent annonçant
quelques larmes .
"je ne vous crois pas, vous avez une bonne tête....ce n'est pas possible"
Après m'être mouché, je vois qu'elle fixe mes yeux...
Elle y voit le résultat humide d'une émotion qui la touche , mais qui la trompe.....
il faut en finir, elle va finir par vraiment m'émouvoir...
"je n'aurais jamais dû vous le dire, c'est à chaque fois pareil, je vais vous laisser"
elle me prend les mains, me souhaite bonne chance avec un pauvre sourire.....
j'ai honte, mais j'ai honte !

je prends de grandes inspirations avant de retrouver mes complices
nous nous retrouvons assis confortablement à notre table, accompagnés de 3 partenaires de soirée....
Nous rions par saccades, en évitant de nous regarder dans les yeux....les 3 femmes nous observent en souriant,
en nous demandant la raison de notre hilarité....
Nous parlons de ces échanges toujours un peu incertains, de la gêne des participants, de cette sorte de foire "aux bestiaux"
Elles acquiescent gravement. Finalement, nous expliquons cette hilarité par la gêne de la situation.
Elles sont déçues...pas de touche au bout de leurs appâts Comme de vrais pros, nous leur conseillons d'insister
et de reconduire l'expérience.
Aie ! voici ma victime bureaucrate qui passe en me jetant un regard triste....Sans doute songe-t-elle "si ces jeunes femmes
savaient avec qui elles échangent"....
Je peux me tromper mais je crois sentir un côté soignant chez cette femme....qui sait ?
me sauver, me faire virer ma cuti bidoche en gentil végan ? En inventant la prison,, j'ai peut-être rompu le fil ténu qui aurait pu déboucher sur ..."quelque chose" ,
Nous avons écourté notre soirée pour nous retrouver devant trois bières chez Carole....
Dédé se livre à son tour: bof, il a joué "petit bras" ...IL se disait à la recherche d'une seconde compagne dans sa maison.
Ah bobonne aurait été ravie de l'entendre !
Il a insisté, complimentant sa candidate au triolisme. Il n'a pas dû forcer son talent d'ailleurs....
Parlé de partage de tâches, de vacances, de revenu global , d'une liberté à la jalousie inconnue...
"Et si elle avait été intéressée ?" lui demande Carole...." ben, j'ai chargé la mule à fond: pratiques craignos, pas trop d'envie
de bosser, le pacha quoi...a moins d'avoir affaire à une attardée mentale la fuite était garantie"
Il rêvasse quelques secondes, les yeux dans le vague : "n'empêche c'était une sacrée pouliche, quel dommage de se saborder
alors que peut-être...."
Carole lui balance: "tu peux toujours y retourner seul , mais comme nous connaissons ta chère et tendre, ben ne nous en parle
jamais, ok ?"
Bon on passe au vote: Dédé éliminé d'entrée: nul, classique, pas de réplique choc, un vrai boulot de beauf....
Je crois tenir la corde, mais non....mes complices sont réticents à mon statut d'ex prisonnier, trop c'est trop....
C'est notre Carole qui rafle la mise avec sa réplique "vous avez peur de la mort" dite d'une voix grave et les yeux fixes.....
le petit plus qui fait la différence....
Le lendemain, toute rigolade bue et digérée , je suis allé au fond du jardin pour expectorer les derniers rires enfouis,
fin.

je te vois quémander ta fumette, ta poudre à nez, ta piquouse, tes cachous chimio , à des trafiquants qui tuent,
qui empoisonnent, qui polluent l'esprit des gosses désoeuvrés....
oui c'est à toi que je parle: toi qui n'as rien dans le cigare, rien que cette addiction.
Bien sûr tu es blanc comme neige, tu n'es pas encore tombé dans la dure, tu contrôles...
Et puis l'état taxe l'alcool que tu t'envoies légalement. Tu es donc un héros , grâce à toi on paye
moins d'impôts.
On tue à cause de toi....on fabrique des zones de non droit à cause de toi...
on rend fou et misérable à cause de toi....
Tu secoues la tête, "mais non il suffirait de "légaliser"...
De légaliser quoi ? tout ? le crack ? Tu ne vois pas à quoi tu renonces ?
A ta sensibilité que tu éteint de peur de t'angoisser, aux plaisirs sensuels que ta coke efface et remplace.
A ton parcours lésé par ton atonie, à ton renoncement à la lutte de chaque jour.
Aime, ou essaie de t'aimer...tente des choses sans ces béquilles qui aveuglent tes rêves...
Oui tu n'es pas le seul à te parer de cette fausse innocence....
Tu es coupable, vous êtes coupables , bande de tueurs à court, moyen ou long terme...
je te hais toi qui a eu la chance d'être connu, admiré, et toi aussi pauvre anonyme ....
Je te hais...c'est trop facile de se dire malade....tu avais le choix, tu l'as encore ....
mais ce sera beaucoup plus dur.... Ose le dire à qui peut encore l'entendre: c'est si facile de ne pas commencer.
Si tu peux un jour empêcher la première prise à un pauvre éperdu de doutes , peut être....
Peux être ce jour là pourrais je ne plus te haïr....


La voix c'est aussi un accent
Qui fait remonter ses dépôts,
Se frotte au palais en passant,
Chatouille l'oreille au repos.

C'est notre culture, du berceau
A la dernière heure qui sonne,
De rires et sourires en écho,
Aux jolis mots que l'on donne.

D'un seul mot fleurit un terroir:
Au coin des lèvres d'un voisin
On apprend une autre histoire,
Qu'on goûte comme du bon pain.

On articule ces sons nouveaux,
on les mastique avec lenteur.
On imagine d'autres tableaux,
d'autres épices d'autres odeurs.

Saveurs d'échappées champêtres
A l'orée des langues écartées
Des chemins de nos ancêtres,
Aux vocables riches et oubliés.

Sur une voie à sens unique
Roulent les langues monotones.
Leurs portées n'ont qu'une musique,
Appauvrie et fanfaronne.

Le trésor de tous nos accents,
Nos verbes éclos quelque part,
Fleurs de nos idiomes insolents
N'est pas un fruit né du hasard.

Cette sève qui a su nourrir
Sa création sur le fier terreau
Des anciens peuples, elle inspire,
Et baigne encore son humble rameau.

Malice de petits clins d'oeil
Aux diktats de la censure:
Quoi de plus précieux qu'un recueil
Avec l'accent pour reliure.







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